Mulhouse, décembre 2008
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Un blog pour noter un peu tout ce qui me passe par la tête au fil des jours. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pourquoi internet plutôt que le bon vieux journal ? Parce qu'il faut vivre avec son temps ! ;-)
Mulhouse, décembre 2008
Colmar, 24 décembre 2008
Hier, j'étais de déménagement en région parisienne.
L'appartement à meubler est très bien : résidence calme, grande pièce, petit balcon bien exposé, kitchenette, salle de bain, grands placards. Il sera comme un coq en pâte.
Hier, ce n'est pas un ami ou un jeune cousin qu'il était question d'installer dans son nouveau studio mais mon grand-père, 98 ans après-demain, qui emménagera dans cette résidence pour personnes âgées valides le 1er décembre.
Partis de Bourges à 9 heures, nous arrivons à Sèvres pour charger dans la voiture les divers objets qui nous avaient été listés : télé, magnétoscope, vêtements, vaisselle (dont sa fameuse cuillère de prisonnier de la seconde guerre avec laquelle il lui arrive encore aujourd'hui de manger), photo encadrée... Grand-mère nous fait réchauffer une boîte, nous mangeons sur le pouce, et repartons sous les regards de celle qui reste seule à présent.
Etape à Pontault-Combault où cohabitent depuis plus d'un an maintenant mon oncle et mon grand-père. Nous y croisons ma tante-marraine et mes cousins, eux aussi chargés d'affaires à déménager au studio. Mon père et son frère ne s'adressent pas la parole, résultat d'une récente engueulade à propos des solutions à trouver pour le bien-être du patriarche. Une chute dans sa maison début 2007, un séjour à l'hôpital, ma grand-mère ne se sentant pas la force de s'en occuper s'il rentrait chez lui, mon oncle se proposant avec bonne volonté de le garder avec lui, une mutation l'année d'après, l'idée de la maison de retraite qui divise les quatre enfants mais qui finit par être adoptée. Pendant que mon oncle rafistole la maison avant de la rendre et fait ses cartons à l'étage, nous restons quelques instants avec mon grand-père qui, s'il garde encore toute sa tête mélange un peu tout ce qui lui arrive. Il s'inquiète de savoir où sont ses affaires, où il va dormir ce soir, si son courrier lui arrivera dans sa nouvelle résidence et si nous avons mangé. Nous le laissons un peu déboussolé mais heureux je pense de nous avoir vus.
Nous repartons pour Melun et arrivons à la résidence où nous retrouvons ma tante. Nous déchargeons la voiture, nous commençons à installer quelques affaires. Nous mettons des rideaux aux fenêtres, des ampoules au plafond. Il aura sa télé, ses cassettes, ses livres, sa collection de timbres.
Demain, on viendra le chercher pour prendre possession de ses nouveaux murs. Il y aura sûrement un temps d'adaptation pour prendre ses marques mais, comme il le dit lui-même : "Au moins, je serai chez moi".
... un gros bouquet de fleurs surprise d'un amoureux qui s'est souvenu que les fêtes, ça se souhaitait la veille.
... le coup de fil maternel traditionnel.
... un apéro au crémant d'Alsace.
...et depuis le début de la soirée, ce petit air qui me trotte dans la tête, que ma grand-mère me chantait quand j'étais petite : Catherine est une fille gentille, gentille, comme on en voit et verra toujours de Mulhouse à Strasbourg (je ne me souviens plus des couplets mais je crois qu'il y était question de tarte aux pommes et de maman qui ne veut pas que sa fille apprenne à danser...).